Focus sur WeWork, le réseau géant des espaces de travail

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Focus sur WeWork, le réseau géant des espaces de travail

Ces dernières semaines, à l’occasion de son rachat de MeetUp, la plateforme de réseautage social,  nous avons consacré une thématique sur WeWork.

Voici donc un retour sur l’ascension titanesque d’une entreprise qui se veut une plateforme communautaire et non une entreprise d’immobilier parce que « l’immobilier, c’est vieux et ennuyeux  et qu’ils veulent être nouveaux et à la mode» (Steve King). Et «ils ne veulent pas être une entreprise technologique car ils veulent être plus (que ça): ils veulent créer de l’interaction entre les gens grâce à la technologie», poursuit l’analyste, relevant que WeWork est aujourd’hui «de loin la plus grande entreprise de coworking», avec un chiffre d’affaires annuel d’un milliard de dollars (d’après Adam Neumann)

Fondée à New York en 2010, WeWork veut «aider à créer un monde où les gens travaillent pour construire leur vie et pas seulement pour la gagner», explique son co-fondateur et patron Adam Neumann. Rien de moins. L’entreprise ou l’individu qui loue des bureaux partagés chez WeWork n’est pas un client, mais membre d’une «communauté».

Déjà présent dans une vingtaine de pays, dont au Québec, en France depuis peu et bientôt au Japon, WeWork loue des étages entiers dans des immeubles de bureaux puis les rénove pour y apporter sa patte: conduits d’aération apparents dans le style industriel, canapés en cuir agrémentés de coussins pastel, sans oublier les tables de ping-pong, les litres de café gratuit ou … de bière pression à disposition dans l’espace commun. Et ce n’est pas tout car WeWork fournit une connexion internet, le nettoyage, une réception qui accueille les visiteurs et garde le courrier… Autant de services qui lui permettent de sous-louer, plus cher, à des entreprises ou des travailleurs indépendants, attirés par la flexibilité du «coworking» leur permettant d’échapper à la location de longue durée.

Le client peut télécharger l’application WeWork, petit réseau social qui sert à contacter d’autres membres, ou à être informé qu’un cocktail ou une séance de manucure sont organisés dans l’espace commun. C’était donc une évidence que la dernière folie en date de WeWork soit le réchat de Meetup, le réseau social qui permet à ses 35 millions d’utilisateurs d’organiser des événements basés sur des intérêts communs en rencontrant en chair et en os plutôt que virtuellement. Fondée en 2002, Meetup permet à ses membres de rencontrer des groupes unis par des passions ou causes communes, selon les zones géographiques. De cette manière, les gestionnaires des groupes peuvent créer des événements pendant lesquels les membres de la communauté peuvent se rencontrer. Selon son cofondateur, Adam Neumann, la société américaine, qui compte déjà 35 millions de membres dans le monde, est « née d’une idée simple mais très forte: se servir d’internet pour décrocher les gens d’internet. »

Cette fusion fait sens. Maintenant les Meetupiens pourront se rencontrer dans des espaces dédiés, adaptés, hétéroclites, présents partout dans le monde. Si les détails financiers de l’opération n’ont pas été dévoilés, certaines informations ont déjà filtré. Selon le site Axios, la transaction devrait avoisiner les 200 millions de dollars.

Mais l’expansion de WeWork ne s’arrête pas là. Dernièrement WeWork a acheté une école de codage informatique à New York, Flatiron School, un programme de cours de codage en quinze semaines d’apprentissage. La jeune entreprise montre ainsi qu’elle a pris conscience que les savoir-faire techniques sont primordiaux dans l’économie actuelle. Grâce à Flatiron, WeWork pourra former les employés qui iront ensuite utiliser ses bureaux à travers le monde. Comme l’explique Artie Minson, son directeur financier, au journal en ligne Axios, l’un des atouts de Flatiron est qu’il propose des cours en “présentiel”, et non pas en ligne. Les élèves seront présents dans des bureaux WeWork pour leur formation, floutant la frontière entre apprentissage et travail.

Cet été WeWork a levé cet été près de 4,5G$US auprès du groupe japonais SoftBank, ce qui, selon la presse, la valorise théoriquement à 20 milliards de dollar. Des milliards qui lui permettent notamment de diversifier son modèle économique en investissant dans la pierre: fin octobre, l’entreprise a annoncé le rachat d’un luxueux grand magasin new-yorkais, montrant du même coup son intention de chambouler la distribution en mêlant coworking et shopping.Le groupe aurait aussi des vues sur des bâtiments prestigieux à Londres. Une stratégie coûteuse mais futée, explique Steve King: devenir propriétaire évitera à WeWork de subir des hausses de loyers, qui rogneraient ses marges à la sous-location.

WeWork s’agrandit en France

WeWork a déjà ouvert plus de 264 espaces de travail partagés dans 58 villes différentes dans le monde. En Amérique (États-Unis, Mexique, l’Argentine…), en Europe (Allemagne, Pays-Bas, l’Espagne…), ou même en Asie (Japon, Corée du Sud…). Paris est donc la nouvelle terre d’accueil de la startup WeWork qui a acheté de l’immobilier de bureaux rue La Fayette, rue du Colisée et rue des Archives, a signé un bail ferme de 12 ans, sur une surface de 3 400 m² sur l’immeuble emblématique du 92 Champs-Elysées très lourdement restructuré en 2012. On sait qu’il y en aura pour plus de 20 000 mètres carrés de bureaux qui pourront être sous-loués à des milliers d’entrepreneurs en France. Nul doute que l’engouement de cette solution de coworking va perdurer au vu des chiffres du marché du coworking… +700 % d’espaces de travail partagés depuis 2012 !

Que cela soit des locaux transitoires qui pourront évoluer avec le temps et la croissance des entreprises, ou bien des bureaux satellites n’importe où dans le monde, ou encore la création d’un QG, WeWork propose des solutions pour tous.

La conception novatrice de la startup est en train d’envahir le marché immobilier du « coworking » notamment depuis que des grandes entreprises optent pour WeWork pour trouver de nouveaux locaux.

Tant et si bien que nous serions en droit de nous demander si, question terminologie,  continuer d’utiliser le nom de coworking pour parler de WeWork fait encore tout à fait sens à son niveau de développement et eu égard aux clientèles visées? En louant des immeubles entiers à des multinationales, on évince assez rapidement la question de la communauté et surtout de la synergie entre travailleurs nomades, start-up, indépendants venant d’horizons différents.

En tout cas, ce qui est certain c’est que la jeune startup de 7 ans a bien grandi et a su se faire une place en  s’ouvrant à toutes les possibilités.

Après tout, n’est ce pas ça la qualité première de demain? L’adaptabilité !

By | 2017-12-15T18:08:22+00:00 décembre 15th, 2017|Non classé|0 Comments

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